En moins de trois semaines, cinq agressions homophobes ont été perpétrées à Dijon. Elles s’ajoutent aux agressions – au moins quinze – qui ont été recensées au lac Kir depuis 2020. Je condamne avec la plus grande fermeté les violences homophobes qui visent des personnes en raison de leur orientation sexuelle. Je leur apporte tout mon soutien.
Les victimes sont piégées via des applications de rencontre : une personne prend contact, fixe un rendez-vous, puis la personne est agressée sur le lieu convenu par une ou plusieurs personnes. Ces guets-apens visent à instaurer un climat de peur, d’insécurité et d’intimider des personnes homosexuelles.
Plus largement, l’accueil et l’accompagnement des personnes LGBTQIA+ en France reposent encore trop souvent exclusivement sur le bénévolat ou des initiatives militantes, avec un soutien public insuffisant. Ces associations assurent pourtant des missions essentielles. Cette situation doit évoluer au plus vite.
Ce que nous vivons à Dijon n’est pas un accident local : c’est le révélateur d’un échec systémique de la politique nationale. Dans son rôle de rapporteur national indépendant, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) vient de rendre, en mars 2026, une évaluation sévère du Plan national pour l’égalité des droits, contre la haine et les discriminations anti-LGBT+ 2023-2026. Le constat est accablant : seules 21 % des mesures prévues par le Plan ont été pleinement réalisées. Les deux tiers des mesures n’ont en réalité pas été réalisées, ou ne l’ont été que de façon insuffisante, tandis que plusieurs relèvent de formules davantage incantatoires qu’opérationnelles, sans indicateurs permettant d’en mesurer l’impact réel. Et tout cela, sans budget.
Il est urgent de dénoncer les attaques et les discriminations envers des personnes en raison de leur orientation sexuelle. Protégeons les victimes et donnons aux associations et aux professionnels les moyens d’accompagner celles et ceux qui subissent ces violences.

