Depuis plusieurs semaines la Côte-d’Or, comme l’ensemble de la France et de l’Europe, subit de plein fouet les conséquences du dérèglement climatique. Vagues de chaleur record, sécheresse qui impacte les cours d’eau, destruction des cultures, multiplication des incendies, tensions sur les réseaux d’eau potable : notre territoire n’est pas épargné.
Face à cette situation, Madame la préfète de la Côte-d’Or a pris un nouvel arrêté de restriction des usages de l’eau, applicable depuis le 6 juillet 2026. Les 75 communes rurales de la circonscription sont concernées. Dans le même temps, la Vingeanne, l’Ouche et la Saône sont placées en situation de crise.
Les conséquences de cette sécheresse sont déjà bien concrètes. Les communes de Quincy-le-Vicomte et de Quincerot doivent désormais être ravitaillées en eau potable par camion-citerne, leur source d’approvisionnement étant devenue insuffisante, le réservoir étant passé sous 50 % de sa capacité.
Cette tension sur la ressource en eau devient un enjeu de santé publique. Lors des canicules de l’été 2025, 10,9 % des décès observés en Côte-d’Or étaient attribuables à la chaleur, dont plus de 80 % concernaient des personnes de 75 ans et plus. Dans la partie rurale de notre circonscription, cela concerne plus de 5 200 habitantes et habitants, soit une personne sur 10. Pour elles et eux, boire est le premier geste de prévention, alors même que l’accès à une eau de qualité devient plus compliqué. Le département compte déjà 26 unités de distribution d’eau considérées comme vulnérables, tandis que certains réseaux souffrent de problèmes de qualité ou de pertes massives, comme à Auxonne ou à Magny-Saint-Médard.
La sécheresse favorise également la multiplication des incendies. Depuis le début du mois de juillet, ce sont 32 feux de plus que durant l’ensemble de la saison estivale 2025 qui ont déjà été recensés. La semaine dernière seulement, une vingtaine d’incendies ont été dénombrés.
La situation est désormais critique. Le 7 juillet, cinq incendies ont dû être combattus simultanément dans le département, mobilisant 192 sapeurs-pompiers, notamment lors du feu de Ruffey-lès-Échirey. Alors que l’été ne fait que commencer, les sapeurs-pompiers professionnels et volontaires sont déjà soumis à une pression exceptionnelle et à des conditions de travail éprouvantes.
Dans ce contexte, les choix politiques opérés au niveau national sont particulièrement préoccupants. La loi d’urgence agricole, qui intègre la loi Duplomb, organise un recul de la protection de la ressource en eau et de sa qualité. Seuls environ 6 % des captages d’eau potable, classés prioritaires, bénéficieront d’une protection renforcée contre les pollutions. C’est très loin de répondre à l’urgence de protéger l’ensemble des aires d’alimentation et de captage d’eau en y interdisant les pesticides de synthèse et les engrais minéraux azotés. La loi prévoit également de doubler les capacités de stockage de l’eau destinée aux usages agricoles d’ici à 2035, accentuant les tensions autour du partage d’une ressource déjà fortement fragilisée. Elle favorise la disparition des zones humides, pourtant essentielles pour réguler le cycle de l’eau, prévenir les inondations et recharger les nappes phréatiques. Enfin, elle promeut les méga-bassines, qui prélèvent dans des ressources qui diminuent, pour irriguer principalement des cultures de maïs destinées à l’exportation et à l’alimentation animale.
Cette loi est complètement inadaptée aux conséquences du dérèglement climatique, et met en péril la santé publique. Elle devrait à l’inverse promouvoir et soutenir les pratiques agricoles sobres en eau, leur diversification, l’agroforesterie et la restauration des zones humides.
Nous devons organiser un partage équitable et sobre des usages de l’eau, protéger l’ensemble des captages, et engager des politiques d’atténuation et d’adaptation à la hauteur de l’emballement climatique.
Enfin, je tiens à saluer l’engagement des sapeurs-pompiers, des personnels soignants, des forces de l’ordre, des élu·es et de toutes celles et ceux qui, chaque jour, agissent face aux conséquences climatiques.
J’appelle également chacune et chacun à la plus grande vigilance afin de prévenir les départs de feu et de ne pas accroître la pression qui pèse déjà sur les services de secours.

