Le Gouvernement a menti. Les suppressions de postes d’enseignant·es à la rentrée 2026 seront plus importantes que ce qui était annoncé. À l’issue du Comité social d’administration du 26 janvier 2026, c’est la suppression de 95 postes dans le premier degré et de 90 postes dans le second degré au sein de l’Académie de Dijon qui a été exposée. Dans l’ensemble des académies, on retrouve des chiffres du même ordre.
Ces décisions constituent un choix politique clair. Après avoir refusé les amendements budgétaires portant sur les recettes pour plus de justice fiscale et des moyens pour l’éducation et l’enseignement de nos enfants et de nos jeunes, le gouvernement a choisi de combler le déficit public à leur détriment et celui de leur avenir.
Elles traduisent l’abandon de toute ambition et de cap clair en totale contradiction avec, par ailleurs, l’affirmation du Gouvernement posant l’Éducation en tant que priorité majeure pour notre pays. Si les élèves les plus précaires en subiront directement les conséquences, c’est bien l’ensemble de l’institution scolaire qui est de nouveau fragilisée.
La baisse démographique évoquée par le ministère ne saurait en aucun cas justifier cette attaque. Rappelons que près de 10 000 postes ont déjà été supprimés entre 2017 et 2022, alors même que la démographie était en hausse. Plutôt que de supprimer des postes, le ministère aurait pu choisir de réduire le nombre d’élèves par classe afin d’améliorer les conditions d’apprentissage, d’autant plus que la France figure parmi les pays d’Europe où le nombre d’élèves par enseignant·e est le plus élevé.
Cette décision ignore également les conditions de travail des équipes éducatives, déjà épuisées et confrontées au burn-out et aux maladies professionnelles. Réduire encore le nombre d’enseignant·es, d’AESH et de personnels éducatifs dans un tel contexte revient à affaiblir davantage un service public essentiel, déjà sous tension. Le gouvernement doit respecter ses engagements et renoncer à ces suppressions de postes. Il en va de la cohésion et de l’avenir de notre pays.
L’an dernier, j’étais déjà mobilisée auprès des écoles afin d’éviter les fermetures de classe dans la 2ème circonscription de Côte-d’Or. Les suppressions de postes annoncées au niveau national pour la rentrée 2026 suscitent légitimement de nouvelles inquiétudes, aussi bien pour les parents, les enseignant·es que les élu·es locaux. À quoi s’ajoute le décalage des annonces officielles de la carte scolaire après les élections municipales : comme s’il fallait freiner ou empêcher toute mobilisation contre ce nouveau mauvais coup envers le service public de l’Éducation.
J’exprime mon total soutien aux enseignant·es et à l’ensemble de la communauté éducative, des parents et des enfants. Je poursuis mon engagement pour une école publique garantissant le bien-être au travail du personnel et une éducation émancipatrice pour tous les élèves.

