Communiqué du 16 décembre 2025
Depuis juin 2025, la Dermatose Nodulaire Contagieuse (DNC) touche les élevages bovins français. 109 foyers ont été détectés dans plusieurs départements : Savoie, Haute-Savoie, Rhône, Ain Jura, Pyrénées-Orientales, Doubs, Ariège. Face à cette situation, l’État a imposé l’abattage total des troupeaux même si un animal était malade, même si l’ensemble du troupeau était vacciné : ainsi, plus de 3.000 bovins ont été abattus.
Ces mesures, appliquées sans concertation, plongent les éleveuses et les éleveurs dans le désarroi. En moins de 72 heures, ils voient disparaître leurs troupeaux, leurs revenus et parfois des races locales uniques. Chaque abattage est un drame humain, environnemental, social et économique, auquel s’ajoute une souffrance animale qui n’est pas toujours justifiée. La vaccination, déployée rapidement dans les zones affectées, démontre pourtant son efficacité.
Je salue ici le travail des services de l’État, des vétérinaires, des éleveuses et des éleveurs qui ont permis sa mise en œuvre. Mais les cas récents en Ariège et dans le Doubs montrent les limites d’une stratégie fondée uniquement sur l’abattage : la maladie peut apparaître en zone indemne ou dans des élevages vaccinés, rendant incohérente la politique actuelle. Aux éleveurs touchés par cette épidémie, je veux témoigner de mon soutien plein et entier.
J’appelle le ministère de l’Agriculture à revoir sa politique sanitaire et d’élevage, à sortir d’une logique purement marchande et à privilégier une approche de prévention et de protection. Je suivrai avec attention l’évolution de la DNC en Côte-d’Or, et en particulier dans ma circonscription où 20 communes et 75 cheptels font l’objet de mesures de surveillance.
Mes demandes à Madame la ministre de l’Agriculture :
- Concentrer les efforts sur les régions où la maladie est déjà présente ;
- Protéger en priorité les races locales menacées et les troupeaux à faible effectif ;
- Mettre fin à l’abattage total des troupeaux vaccinés, au profit d’un abattage ciblé des seuls animaux contaminés ;
- Verser des indemnités justes aux éleveurs, couvrant la reconstitution des cheptels et les pertes d’exploitation ;
- Renforcer la coopération avec nos partenaires européens pour revoir la classification de la DNC, qui n’étant pas transmissible à l’humain, ne peut être assimilée à une maladie de catégorie A ;
- Co-construire une nouvelle stratégie sanitaire avec l’ensemble de la profession agricole, au plus près des territoires, afin de mieux anticiper et gérer les crises sanitaires qui affectent régulièrement les filières d’élevage.
La démocratie exige que les décisions soient prises avec celles et ceux qui vivent ces réalités au quotidien. C’est dans cet esprit que nous devons bâtir une politique sanitaire juste, efficace et qui tienne compte des exigences des éleveurs.

