Délaisser notre jeunesse, c’est renoncer à notre avenir

4 Nov 26

Les mobilisations lycéennes et étudiantes interpellent, au-delà même des revendications qui les animent. Elles portent des interrogations sur les fondements de notre société : quelle place accorde-t-elle aujourd’hui aux jeunes, quel avenir leur prépare-t-elle, quel espoir leur donne-t-elle ?

Une société qui néglige, voire maltraite, ses enfants et ses jeunes est une société qui va mal. Lorsque les jeunes se mobilisent pour faire entendre leurs inquiétudes, notre responsabilité collective est de les écouter plutôt que de minimiser leur colère, et de trouver des solutions concrètes aux problèmes soulevés.

Depuis trop longtemps, les politiques publiques se construisent autour de la préservation des équilibres actuels sans engager réellement la préparation de l’avenir. Dans une démocratie où le poids électoral des générations les plus âgées est déterminant, les intérêts des enfants et des jeunes, qui ne votent pas encore ou sont moins représentés dans les urnes, peinent à s’imposer comme une priorité.

Il ne s’agit pas d’opposer les générations, mais de penser l’intergénérationnel et de le traduire concrètement. La solidarité envers nos aînés est un pilier essentiel de notre modèle social. Elle ne peut se construire au détriment de celles et ceux qui feront la société de demain. Or la démographie est fréquemment invoquée pour justifier les tensions qui pèsent sur notre modèle social.

Le vieillissement de la population est une réalité démographique. Toute la société doit s’y préparer. Le manque d’ambition pour la jeunesse, lui, est un choix politique de ces dernières décennies. L’éducation, la petite enfance, la protection de l’enfance et les politiques de solidarité sont trop souvent considérées comme des variables d’ajustement budgétaire, alors qu’elles constituent des investissements essentiels pour la cohésion sociale et nationale de notre pays.

Les inégalités sociales augmentent et les jeunes en paient un prix fort : conditions de vie, accès aux études et aux loisirs, logements étudiants, santé mentale et physique. Leurs préoccupations doivent être aussi celles de l’ensemble du pays.

À travers leurs mobilisations, les jeunes expriment leur aspiration à une vie digne, à se projeter dans l’avenir avec confiance, avec l’assurance d’avoir leur place dans une société qui les respecte. La responsabilité des pouvoirs publics est à la hauteur du défi posé par les jeunes à notre société. Celui-ci sera au cœur des prochaines campagnes électorales.

Signataires :

  • Catherine Hervieu, députée de la Côte-d’Or
  • Christine Arrighi, députée de la Haute-Garonne
  • Damien Girard, député du Morbihan
  • Dominique Voynet, députée du Doubs
  • Eva Sas, députée de Paris
  • Jean Claude Raux, député de Loire-Atlantique
  • Julie Ozenne, députée de l’Essonne
  • Marie Pochon, députée de la Drôme
  • Nicolas Bonnet, député du Puy-de-Dôme